Rédaction

Café Society - Woody Allen

{ Café Society } Woody Allen

Le temps, c’est de l’argent.

Le dernier long-métrage de Woody Allen est loin d’être une simple histoire romantique située dans les années 30. Café Society semble être une représentation quelque peu critique invitant le spectateur au questionnement à propos de notre époque moderne. Une société Occidentale dopée à la caféine, au rythme de vie taillé par les aiguilles de nos montres et de nos horloges. Les personnages, les personnalités et les esprits se meuvent, changent, et se transforment en deux temps, trois mouvements.

Cette transposition de phénomène sociétal dans le temps est valorisée par une mise en scène rythmée, cohérente et par des ellipses temporelles agrémentées d’une narration en voix off. À noter que la musique se veut résolument jazzy. Pas seulement pour le respect des 30’s, mais également pour façonner les goûts de certains personnages, incarnés par un choix d’acteurs intriguant.

Woody Allen nous a habitué à des castings très en vogue avec son temps, proposant parfois des associations inattendues, détachant certains des acteurs et actrices des films ou des séries qui ont fait d’eux des personnalités reconnues :
Jesse Eisenberg, certainement révélé au grand public par son rôle principal dans The Social Network, remplit ici très bien son contrat de fils naïf, maladroit mais empli de romantisme.
Kristen Stewart est méconnaissable et rompt complètement avec la saga Twilight et son air dit inexpressif si critiqué. Elle arbore ici une jeune femme simple mais coquette, évitant soigneusement de tomber dans le cliché Hollywoodien véhiculé par son patron. Ce dernier multiplie les meetings et les fêtes fréquentées par un grand nombre de célébrités.
Ce duo se complète à merveille de façon inattendue et donnera lieu à quelques situations cocasses mais aussi génératrices de questionnements sur notre environnement social.

Mais tout n’est pas rose dans cette société preste et pressante où la course à la réussite est un credo. Les protagonistes se croisent, s’entrecroisent, s’emmêlent et se démêlent de façon si fluide que l’on vient finalement mettre le doigt sur un point noir du long-métrage: le réalisateur tire des ficelles parfois assez épaisses en cédant à quelques dénouements attendus, ainsi qu’à une ambiance globale parfois pompeuse.

Reste néanmoins que le format d’une heure trent sied parfaitement au film, malgré un scénario qui peut s’avérer inutilement alambiqué. La dernière demi-heure de Café Society nous livre des personnages métamorphosés dans leur façon d’être et dans leur cadre de vie. On retiendra de cette fin touchante qu’il est simple de se laisser emporter par le tourbillon parfois incontrôlable que sont les sentiments, le business, le temps, l’argent, la recherche active de reconnaissance et de célébrité, mais qu’il est ardu de s’en défaire. Enfin, il paraît tristement facile de perdre quelque chose que l’on a mis tant de temps et d’énergie à construire, ou encore de passer à côté d’éléments pourtant évidents et étalés sous nos yeux.

NOTE : 8/10