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Monster Slayer - PC

{ Monster Slayers } PC

Monster Slayers est le troisième jeu venant de Nerdook, développeur solo à qui l’on doit également Vertical Drop Heroes et Reverse Crawl. Sur le papier, les idées maîtresses du jeu sont originales et séduisantes. En effet, le titre associe le principe de runs, d’upgrades et de perma-death des softs typés « rogue-lite » avec le deck-building. Alors, une fois mise en pratique, la formule fonctionne-t-elle ?

Commençons par ce qui saute aux yeux : le jeu n’est pas beau. On sent tout de suite le style provenant des petits jeux en flash issus des années 2000 et, pire, la plupart des assets graphiques sont commerciaux. Vérifiez-le par vous-mêmes, le jeu Son of a Witch, n’ayant pourtant aucun lien avec Monster Slayers ni avec Nerdook, propose exactement le même set d’artworks. Autant dire que le jeu ne brille pas par son identité visuelle. Reste néanmoins la possibilité de customiser un peu son personnage.
Les musiques sont répétitives et relativement ennuyeuses, malgré leur fâcheuse tendance à rester en tête après une session gaming. Il en va de même avec les bruitages et les voix plutôt pénibles. En bref : il ne faut pas compter sur la plastique du soft pour l’apprécier, il est même nécessaire de creuser un peu pour se laisser séduire par autre chose.

D’entrée de jeu, Monster Slayers vous propose de choisir une classe parmi six différentes : voleur, barbare, clerc, mage, chevalier et archer. À chaque fois que vous viendrez à bout du challenge avec l’une d’entre elles, vous en déverrouillerez une nouvelle. Notons que le DLC Fire & Steel en met deux supplémentaires à disposition. Chacune dispose de cartes qui leurs sont exclusives, mais l’on en trouve bien entendu un certain nombre communes à toutes les classes. Leur nombre total se montre suffisamment important pour laisser place à l’imagination du joueur et lui permettre d’établir sa propre tactique. Le jeu évite subtilement le défaut disqualifiant de ne répondre qu’à une seule et même stratégie viable pour chaque classe.

La partie se déroule de la sorte : une fois votre alter ego créé, vous pénétrez dans l’un des deux donjons qui vous sont proposés pour débuter. Les environnements ne sont pas très nombreux ni très diversifiés. On retrouve un désert, des forêts, une caverne de cristal…
Ensuite, deux compagnons de classes différentes vous sont proposés. Chacun dispose de deux compétences utilisables en combat : régénération de points de vie, bonus de mana, pioche ou argent supplémentaire… Les pouvoirs sont variés et peuvent réellement faire la différence durant votre run. À vous de faire les bons choix !

Apparaît ainsi un plan avec l’ensemble des pièces et leur arborescence, autrement dit, les directions sur lesquelles elles ouvrent. Il vous faudra planifier votre parcours minutieusement pour optimiser votre progression. Une salle explorée peut aussi bien donner sur un cul-de-sac que sur un embranchement de quatre nouvelles zones. Une fois accessibles, le jeu vous révèle leur contenu : monstres, personnages alliés, marchands et autres événements aléatoires.

Les personnages alliés vous octroieront divers bonus. Les pactes avec le diable ne sont pas très nombreux et seront plus ou moins utiles selon la classe que vous incarnez, mais attention aux contreparties parfois lourdes…
Les marchands sont extrêmement précieux, puisqu’ils vous permettent non seulement d’acheter des cartes supplémentaires et de l’équipement aux propriétés aléatoires, mais aussi de vous défausser de cartes ou à l’inverse de les upgrader, moyennant finance bien entendu.
La qualité de votre partie dépendra certes de votre sens stratégique, mais également du hasard. Il n’y aura pas deux runs où vous bénéficierez du même deck, il faudra donc vous adapter à toutes les situations.

En fin de chaque donjon se cache un boss. Le troisième et dernier donne sur le fameux Harbinger, du moins en difficulté normale. À noter qu’en cette difficulté, vous ne perdrez pas votre équipement si vous mourez. Le jeu se montre addictif dès le début et l’on s’empresse de recommencer très vite une nouvelle partie afin d’augmenter sa cote de popularité, faisant office de monnaie. On remporte ainsi l’opportunité d’acheter différentes améliorations disponibles pour notre personnage. Les combats sont rythmés car l’on assimile les effets de nos cartes très rapidement. Monster Slayers fait partie de cette catégorie de jeu accessible, mais difficile à maîtriser. À noter qu’après avoir donné une bonne correction au boss final, il est possible de poursuivre en mode survival. Le joueur conserve ainsi le deck et l’équipement l’ayant soutenu lors de sa victoire, jusqu’à la défaite. De quoi injecter de nombreuses autres heures de jeu au compteur. Toutefois, vous n’aurez pas la possibilité de garder le même deck pour recommencer une partie classique.

Le mode légendaire vient ternir les qualités se révélant en difficulté normale. Votre attirail ne vous offre plus de points de vie, le bestiaire demeure plus coriace et l’on ressent que le facteur chance prend nettement le dessus sur le niveau du joueur. Le but d’un tel mode est évidemment de faire preuve d’exigence envers le joueur et se réserve à une certaine élite, il est vrai. Cependant, Monster Slayers n’est pas, selon moi, le rogue-lite qui s’y prête le mieux en raison de ce même facteur chance trop présent : cartes, monstres, équipement, structure du donjon… C’est évidemment le propre du genre, mais Rogue Legacy ou Binding of Isaac, pour ne citer qu’eux, donnent bien davantage la possibilité de compenser sa malchance par nos propres talents.

Nerdook nous offre donc un titre sans grande prétention mais qui procurera une belle petite dose de plaisir aux joueurs de rogue-lite tout comme aux amateurs de deck-building, malgré une certaine frustration de ne pas être en mesure de garder et enrichir un seul et même deck. Le soft bénéficie de qualités suffisamment importantes pour être recommandable, mais ses défauts assez lourds en font en contrepartie un titre qui ne s’adresse clairement pas à tout le monde.

NOTE : 6/10