Rédaction

Riff Racer

{ Riff Racer } PC

Vivre la musique autrement

Riff Racer, autrefois connu sous le nom de Drive Any Track lors de son passage en « Accès Anticipé » sur la plateforme Steam, est l’un de ces jeux vidéo vous permettant de vivre la musique autrement. Là où des créations vidéo-ludiques telles que Rez étaient considérées comme des softs avant-gardistes en leur temps, il est aujourd’hui constatable que la création procédurale de niveau par la musique, par son rythme ou encore son intensité, devient de plus en plus populaire. Depuis AudioSurf, véritable référence du genre, les titres se sont multipliés, et pas uniquement dans le domaine du jeu de course. Symphony et Beat Hazard ont revisités le shoot’em’up à leur manière, AudioShield fait l’usage de la VR afin de raviver le Rhythm Game, Melody’s Escape est fondé sur le genre du Runner… De quoi satisfaire bon nombre de gamers mélomanes.

Sorti en Mai 2016, Riff Racer tente donc de s’imposer et a même été déployé sur smartphones plusieurs mois après. Bien que similaire à AudioSurf sur le plan visuel, il est toutefois plus axé course que rythme à proprement parler.

Optez pour une musique parmi celles de votre bibliothèque musicale, ou sélectionnez-en une embarquée avec le jeu. Elle se retrouve étudiée par le moteur du soft et « convertie » en circuit. Sélectionnez un véhicul et choisissez l’un de ses styles disponibles. Si la piste a déjà été créée et jouée par quelqu’un, vous aurez l’opportunité d’affronter le record mondial ou un autre sélectionné par l’ordinateur, correspondant à votre niveau.

Dans Riff Racer, le but n’est pas d’arriver premier, mais de faire le meilleur score possible. Tout le monde roule à peu près au rythme de la musique, il est donc certain que chacun traverse la ligne d’arrivée en même temps à quelques centièmes de secondes près. Pour impressionner vos adversaires, il faudra faire preuve d’habileté mais aussi de stratégie.

Vous bénéficiez par défaut d’un multiplicateur de points x4 en zone « Synchro », à savoir lorsque vous êtes parfaitement en rythme avec la musique. Si vous avez du retard, ce chiffre est revu à la baisse. Dans le cas inverse, si vous êtes en avance, vous entrez en « Super Synchro », et les points sont multipliés par dix. Pour en récolter, il vous faudra ramasser des boîtes dispersées ça et là, drifter le plus longuement possible dans les virages (le snaking n’est pas possible), exécuter des sauts grâce à des tremplins, voire même des figures. Les boîtes servent également à procurer un boost une fois que vous en avez amassé dix. Guère utile en ligne droite à moins d’être à la bourre, il se révélera plus efficace lors des dérapages, offrant souvent un important lot de points. Il est également intéressant de l’enclencher avant une rampe afin de sauter plus loin.

Vous l’aurez compris, Riff Racer est un titre 100% arcade : les pistes elles-mêmes disposent de leurs propres zones de boosts, souvent placées avant un looping ou une vrille. Le circuit est plus riche et sinueux durant les temps forts d’une chanson. Le titre offre de belles sensations de vitesse et le « motion blur » met en valeur les lumières vives aux couleurs chatoyantes dans les refrains et, par ailleurs, le code coloré varie selon le genre de la musique. En effet, le soft de FOAM Entertainment s’appuie sur les tags ID3 de vos tracks. Si l’idée est séduisante sur le papier, elle l’est moins une fois mise en application. En effet, tout le monde n’écoute pas de tout. Que l’on soit rockeur convaincu, amateur de rap, raver ou autre, on regrettera de jouer la plupart du temps sur le même thème graphique.

Ce n’est pas la seule ombre au tableau. Les véhicules sont nombreux et variés, mais rien n’indique qu’ils disposent chacun d’une quelconque singularité. Il faudra ainsi tester par soi-même pour s’en rendre compte. Elles sont pourtant bien présentes, même si assez légères. À noter également qu’il faudra récolter une quantité astronomique de jetons (monnaie) sur les routes afin de débloquer l’ensemble des voitures ainsi que leurs styles alternatifs, accessoirement plutôt nombreux.
Aussi, malgré une durée de vie quasiment infinie, il faut admettre qu’une certaine répétitivité s’installe fatalement une fois le jeu dompté. En fin de compte, qu’il y ai quatre loopings au lieu de sept, deux vrilles au lieu d’une, quarante-huit virages au lieu de soixante-trois, les pistes ne se différencient pas tant les unes des autres.

Riff Racer reste malgré tout une belle expérience de jeu. Son gameplay arcade et sa prise en main simple mais difficile à maîtriser permet à toutes et à tous de s’amuser et de redécouvrir ses morceaux favoris, et c’est déjà beaucoup en soi. Le potentiel addictif est élevé, spécifiquement pour les amateurs de scoring. Le titre de FOAM Entertainment dispose d’arguments solides qui pourraient parfaitement faire office de fondations pour un second opus plus léché, plus complet.

NOTE: 6/10