Rédaction

Super Monkey Ball 3D

{ Super Monkey Ball 3D } Nintendo 3DS

L’épisode qui donne les boules ?

Super Monkey Ball est, à l’origine, un jeu d’arcade sorti en 2001. Il fut rapidement porté sur Gamecube, où il y trouva son petit succès. Depuis ce temps, SEGA a lancé nombre d’opus afin d’en faire une saga unique en son genre. Il faut dire que les marble madness-like ne courent pas les rues, quelque soit la console et ce même sur PC. Toutefois, les possesseurs de Wii ont pu bénéficier de deux titres accrocheurs : Kororinpa et Marbles ! Balance Challenge, tous deux développés par Hudson Soft. D’autres s’y sont essayés, mais bien souvent, les vilains défauts dont ils étaient victimes les condamnaient expéditivement à l’oubli.

Pour réussir la conception d’un jeu tel Marble Madness, trois points paraissent absolument primordiaux : la physique de la balle, la caméra et évidemment le level design. Si cela semble évident en théorie, cela l’est bien moins souvent dans la pratique. Comment Super Monkey Ball 3D se place-t-il face à ces commandements ?

Ici, pas de saut ni de boss à l’instar de Banana Blitz sur Wii mais les interrupteurs font leur retour, mécanique intrinsèque au second volet sur Gamecube. Le level design lui est également plutôt semblable… en moins poussé. La raison paraît somme toute évidente, SEGA a eu la « semi » bonne idée d’offrir deux types de jouabilité différents :
– Manipuler notre singe au pad circulaire demeure toujours aussi précis et la caméra se comporte globalement très bien. Rares sont les fois où l’on peste dessus. Ainsi, le joueur est pleinement responsable de chaque chute soustrayant une vie au compteur.
– Contrôler le primate par l’intermédiaire du gyroscope, autrement dit grâce au détecteur de mouvement, est une autre paire de manches. La présence de cette fonctionnalité propre à la console portable de Nintendo, la plupart du temps laissée de côté par les développeurs, reste tout à fait légitime pour un titre du genre et se révèle correctement exploitée. Malgré tout, il faut admettre que la précision s’en voit revue au rabais et la difficulté prend par conséquent un sacré coup.

En effet, Super Monkey Ball 3D est sans conteste l’épisode le plus facile de la série. Le game over se fait rare et, pire, est loin d’être punitif : seul votre score sera remis à zéro. Votre progression parmi les niveaux sera donc fluide, à l’inverse des précédents volets où l’on butait fréquemment sur un passage donné, jusqu’à passer finalement outre, et… se retrouver coincé une fois de plus quelques levels plus loin.
En parlant de ces derniers, signalons qu’il sont au nombre de 10 par mondes, soit 70 (sans compter le dernier monde à débloquer). À titre de comparaison, le premier volet sur Gamecube en proposait 118, le second 140, et Banana Blitz en comportait 100. De quoi faire la grimace.

Le jeu se termine en une à deux heures. Il est décevant de constater que le jeu ne nous résiste jamais vraiment : quand on joue à un Super Monkey Ball, on désire secrètement se faire surprendre par l’imagination sadique des développeurs et perdre moult vies à la suite afin de convertir une certaine forme de frustration en volonté pour mieux se surpasser. Une relation de « je t’aime, moi non plus » avec les singes malicieux de SEGA se fait souvent sentir.

Enfin, ce n’est clairement pas grâce aux deux mini-jeux présents que la durée de vie redorera son blason. Le premier est un jeu de course à la Mario Kart, à la qualité bien éloignée du standard établi par le premier Monkey Ball. La maniabilité est tout simplement mauvaise, les circuits sont pauvres, en bref : le fun est aux abonnés absents. Même remarque concernant le mode combat, qui a eu l’idée regrettable de s’éloigner de l’original afin de se calquer sur Super Smash Bros. Toujours le fun en moins.

Super Monkey Ball 3D est donc un opus en demi-teinte. Si les mini-jeux n’apportent rien, le mode « Boule de Singe » reste bel et bien agréable à jouer malgré sa simplicité, que ce soit au pad ou même au gyroscope, qui est à essayer au moins une fois sur l’ensemble des niveaux. Un item spécial est à dénicher dans chacun des mondes et quelques succès sont présents afin d’injecter un peu de challenge pour les joueurs confirmés. Pour ceux n’ayant jamais touché à un marble madness-like, il s’agira probablement d’un bon choix pour découvrir le genre, loin de la frustration inhérente à la saga. Quant aux fans, bien qu’ils seront déçus par le contenu relativement maigre et par la facilité du soft, ils passeront malgré tout quelques bons moments, notamment grâce à un feeling croisant Super Monkey Ball 2 et Banana Blitz, le tout pour un prix aujourd’hui réduit.

NOTE : 6/10